Texte par Marise Robillard
Photo par Josée Courtemanche

« Cette histoire, c’est l’histoire de la terre. Cette histoire, c’est l’histoire de la mémoire… »

Dans la salle de la Maison des Arts de la Parole, sur fond de rideaux noirs, nous assistons aux histoires du fossoyeur Phosphore,  du fils du fossoyeur Anatole et du fils du fils du fossoyeur Pierre-Philibert, dit Pipi.  Tous « dorlis » ou sorciers si vous préférez… Bien que le petit dernier ait mis du temps à s’en rendre compte.

Histoire à la fois un peu tordue, inquiétante et pleine de sagesse, « Le fossoyeur » est le premier de trois volets de spectacles. Cette œuvre, adaptation du roman Chroniques des sept misères de Patrick Chamoiseau martiniquais, est celle de Frank Sylvestre, québécois d’origine antillaise, conteur, slameur et comédien. C’est là, dans la touche du comédien, que j’ai été particulièrement ravie. Car Frank Sylvestre, sait donner vie à ses personnages. Les mimiques, les voix et la gestuelle sont tout simplement savoureuses. On en redemande! Et le congo du conteur! Et le personnage de Pipi qui jardine « avec son instinct et beaucoup d’imagination »…  Une belle soirée!

Le Fossoyeur est un voyage loin de chez nous. Un voyage dans le temps, un voyage au cœur des racines, et qui sait, peut-être même jusqu’aux mémoires ancestrales oubliées du conteur. 

« La richesse n’est pas seulement d’or. Elle est de souvenirs aussi… »