Texte par Roxane Bellerose
Photo par Jean-Claude Lefebvre

C’est avec humour, légèreté et souplesse que la conteuse Renée Robitaille nous transporte dans un univers québécois, pas si lointain d’ailleurs, où le noble clergé affronte avec détermination les jeux amoureux et intuitifs de nos bons villageois. À travers de coquines allégories, le spectateur se laisse chatouiller l’oreille d’autant de personnages farfelus que d’histoires de grossesses et d’accouchement. Monsieur le Maire, le Curé, un cordonnier Italien baladeur, une impératrice envoutante, la vieille sorcière, tout le monde y passe,  envouèye par là! L’action est pognée dans le village! Du début à la fin soit on a le sourire en coin, soit on rit aux éclats.

Notre conteuse Renée transmet, sur scène, une présence qui invite le spectateur à porter une attention très particulière aux moments de silences, aux sons, aux lumières. Tout au long de l’histoire se diffusent incantations bizarres et intrigantes, sonorités singulières, mouvements lents empreints d’une qualité de présence et délicieux silences qui vous font littéralement savourer l’ambiance du conte. C’est ce que j’aime d’un conte, ses moments de silences, où l’on est pendu aux lèvres de la raconteuse l’air de dire : « mais que va-t-il se passer? ».

Le temps des semailles c’est une histoire assez légère qui fait sourire, mais qui aussi me questionne sur la place qu’on alloue au spirituel, au mystère et à la magie dans nos vies.