Texte par Loïc Brurat
Photo par Aurélien Marsan

Une ambiance méditative dans un romantisme canadien-français. Un chantonnement de complaintes du XIXe siècle, entre Rigaud et Hudson, resurgit dans le précieux cahier de notes noir. Dans une ferme laitière, un garçon de la première génération à naître dans un hôpital écoute son adolescence avec comme partenaire un 33 tours. Dans une famille de sœurs, un piano de bois anime un cercueil. Malicorne se perd dans les contes de fées, alors que Black Sabbath en chanterait encore d’autres. On pourrait souhaiter que des «valets de ferme» restent des hommes engagés, mais que ferons-nous de ces cris de cochons à la boucherie? «Start your projector»: un film d’horreur à la Frankenstein vient de commencer! Alors que des saints mal catégorisés se font lire au cégep de Valleyfield, la Société d’histoire de Soulanges embauche le jeune aux 33 tours. Ah, «ces enfants qui vieillissent dans le temps où il y avait des vieux» qu’il disait! Qu’advient-il du cher monsieur à la jambe de bois? Et comment va la mère à l’adorable Rose d’Amour (de Rigaud)? Une troupe de marionnettes se popularise au sein d’une Chine populaire pendant que les cahiers de Rose assurent avec «Vieille chanteuse». Une petite bergère muette se découd la pensée… mais il était déjà trop tard pour sa beauté perdue. Je ne suis jamais allé au sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes. En revanche, je connais sa grotte à Sudbury… Bernadette est omniprésente dans ces forêts sacrées, mais qu’en est-il vraiment de ces hommes à coudre? Peut-on encore en découdre? Ce livre de vie, Michel Faubert, ne serait-il pas celui que tu m’aies prêté en cette douce soirée? Le prêterais-tu encore à mon oreille droite pendant que celle de gauche lit ce silence entre deux cassettes VHS? Et «ces souvenirs contaminés par la mémoire collective», nationalisent-ils un cœur en haleine? Grâce à vous, Michel Faubert.