Texte par Jerry Espada
Photo par Jean-Claude Lefebvre

Cette « leçon de français » de 75 minutes non-stop défile à la sauce aigre-douce faisant passer un public, principalement féminin, de l’éclat de rire à des prises de conscience pleine d’émotions.

Le conteur champenois a animé les planches de la salle quasiment comble de la Maison des arts de la paroles dans un rythme millimétré.

Un conte qui explose littéralement dans une multitude d’histoires reliées entre elles par la difficulté de se comprendre lorsqu’on n’écoute pas les mots de notre humanité.  Les mots deviennent alors des maux de tête et des maux sociaux prenant la forme de pauvreté, d’exploitation, d’inégalités sociales, de formatage et de violence.

Pepito Mateo nous conduit dans les méandres de la langue française et de son rapport aux autres.  Expressions, règles de grammaire, intonations, onomatopées, acronymes,  gestes, sonorités… sont autant d’embûches créatrices de malentendus que le conteur décortique avec humour.  Au milieu de ce voyage à travers les continents, on se retrouve face à des histoires humaines comme celles de Ouaouab, de Fatoumata et de la famille Mateo fuyant les guerres au risque de leur vie.  Des histoires dans lesquelles les mots peuvent sonner faux même si les vies sonnent vraies. « Quelle est la langue qui n’a jamais menti?  Celle des animaux ».

La force de Pepito Mateo réside aussi dans sa proximité avec son public au point que certains entrent en scène sans y être invités. 

Dans la lignée des Favreau et Devos, Pepito Mateo est tombé dans les mots quand il était petit.