Texte par Loïc Brurat
Photo par Aurélien Marsan

Chouette duo de performance suite à une histoire de fenêtres: comme il faisait chaud dans la salle! Deux bêtes de la scène, vous dis-je! De quoi réactualiser les contes aux besoins de notre époque.

Un enfant avance à coups de nuits cauchemardesques et de «Je ne sais pas». Une nuit, il suit les traces d’une bête: un caribou curieux apparaît. Par le feu du tambour grand-père et à coup d’étoiles glacées de la pénombre, on ressent cet animal vivant dans l’être.

Parce que nous cheminons «dans les pas de ceux en avant», l’humain vit dans le faux-semblant: le paraître. Quel plaisir que d’entendre une touche d’harmonica et de Mary Poppins (Pavement Artist) en remplaçant le refrain par «Votre chienne madame, votre chienne madame m’a mordue»! Des éclats de rires à n’en plus finir!

Chamane, la petite chienne rose, me laisse toutefois encore perplexe… Que des fleurs poussent au centre de son cadavre, c’est une chose, mais que cela puisse être considéré en quelque sorte comme une œuvre d’art de la nature, alors là, c’en est une autre! Cela m’évoque la vidéo «A Little Death» de Sam Taylor-Wood: BRRR!

Dans un autre conte, un chat qui avait faim avale plein de choses. Cela se termine avec la chanson traditionnelle «Le chat revint» et encore plein de piaffements de rires!

Le jeu des deux conteuses faisait preuve (en gestes) à plusieurs moments de tendresse, de saisissements et de belles surprises. Le rap du «Déranger» était particulièrement invitant pour un «Oh Snap!». La force motivatrice de leurs histoires pour un changement d’attitude face à la vie semble être aussi efficace qu’écouter «Just Do It» de Shia Labeouf, mais remis à jour.

J’aimerai conclure que le fer et la chair se marient bien ici. Je vous renvoie les remerciements.