Texte par Emily Alberton
Photo par Jean-Claude Lefebvre

Nous nous rencontrons à la lisière du bois. Nous sommes vingt marcheur-spectateurs emmitouflés de laine. La neige, la première de l’année, tombe légèrement comme de petits morceaux de papier. La neige, le papier, fond dès qu’elle touche le sol. Les mots sur la neige se libèrent et les histoires se dispersent. Un enfant tire sa langue.

Fendez le bois,
chauffez le four
Dormez la belle,
il n’est point jour

Nous commençons par une chanson des Cailloux pour se tenir au chaud. Elle deviendra notre marching song tout au long de la promenade. Une ballade. REFRAIN.

La marche ouvre par un conte où le rêve se déverse dans la réalité. S’étale à nos pieds, déverse un renne en entier. REFRAIN. Sous l’Arche, se tient un pays aux arbres velues comme les quenouilles. Il y vit un homme au regret amère (et d’odeur de pet) de s’être laissé emporter par son orgueil. REFRAIN.

Ensuite déambule une curieuse ménagerie. Sous le petit gazébo, au milieu des quenouilles et les nénuphars, un poisson-chat vous a suivi. REFRAIN. Aux roches placées en cercle, comme un rond de sorcières, miaule un chat bedonnant et (pas si) inoffensif. REFRAIN. À la table de piquenique, un arbre vous prête volontairement ses branches pour votre maison de rêves. REFRAIN.

Enfin, la dernière. Au grand gazébo, le hurlement des loups et le rire nerveux des chevreuils.

Et puis le refrain.