Par Jacques Falquet

20 mai 2018, 15h, Musée de l’Ancien Évêché, Grenoble

C’est pas vrai! Quand j’étais venu il y a deux ans, je me suis perdu encore et encore dans la vieille ville de Grenoble. Eh bien, j’ai recommencé… Heureusement que je m’y étais pris d’avance, dans l’espoir de flâner; en fait, il a fallu que je marche au pas de course pour arriver à l’heure.

Frida Morone nous accueille dans le jardin du Musée, en robe de soie chamarrée de turquoise et de bleu. Le soleil chauffe, les rosiers sentent bon, les spectateurs s’assoient par terre. Elle nous raconte quatre contes traditionnels (Le maître du jardinRomarineLe fantôme de la dame noireLa fille intelligente du paysan), en se déplaçant chaque fois vers un nouveau coin du jardin, puis vers une salle du musée percée de fenêtres en ogive. Nous aurons profité équitablement de l’ombre et du soleil, des dalles et du gazon, et d’un décor fait sur mesure pour ce Murmure des pierres. Frida Morone exploite ce répertoire avec une aisance qui lui permet une grande complicité avec le public. Italienne, elle conte avec cette prononciation accentuée qui nous fait redécouvrir la musicalité et l’expressivité sonore du français, comme le font les chanteurs et les orateurs étrangers qui adoptent de notre langue (je pense à Jim Corcoran, Pétulante Clark ou Paolo Conte). Je connais plusieurs versions de La fille intelligente, mais c’est la première fois que j’entendais les trois autres contes. J’ai apprécié en particulier les deux premiers, un conte de sagesse arménien et un conte merveilleux italien, qui ont des chutes surprenantes.

Bon, je me sauve : je ne veux absolument pas manquer Flora Tristan de Catherine Gaillard. C’est en plein et le temps est orageux, tout à coup. Espérons qu’il ne va pas pleuvoir!