texte et photo: Anthony Lacroix

Jour du Seigneur, notre trio se reformait pour aller voir ce que les enfants de chœur de Magog avaient dans le ventre. Sept terreurs, huit ans et plus. Nous avions amené notre propre jeunot pour tempérer nos caractères : Nathan.

La messe a dû finir plus tard que d’ordinaire, car le public, principalement adulte, est arrivé en retard.
Myriam ne s’est pas retenue de le faire remarquer à ses fidèles indisciplinés, entre deux envolées de coccinelles.

Son réveil, à l’heure de l’eau de Pâques, en valait le coup. Benoît Converset était plus qu’un accompagnateur, mais un élément même de la mise en scène. Ignorant son genou blessé, il a sacrifié son corps sur l’autel. Lui, couché en offrande avec sa contrebasse, elle, en transe avec le chemin de croix d’Indiga cherchant son frère, nous qui priions à cent milles à l’heure, comme si nous étions au volant d’une Cadillac rose de l’année. Ça m’a presque convaincu de faire mon baptême et mes communions.

Il faut croire que dans les contes, les curés sont des femmes ludiques, et aucune brebis n’est galeuse.