par Christine Bolduc

« Spectacle d’une grande sensibilité, d’une grande poésie. Un humour qui donne envie de pleurer. »
Véronique Suzanne, conteuse

Au début, les Machintrucois n’avaient pas de choses, ils n’avaient que des mots, des mots que l’on inventait, des mots que l’on offrait et qui se transformaient parfois en sentiments… et il y avait le silence qui avait toujours le dernier mot…
Et puis il y a eu l’invention des choses; des choses faites avec amour, des choses comme des parties de soi-même.
Mais Intelligence trouvait ça trop parfait… et puis Peur est arrivée. On a fabriqué d’autres choses, et encore et encore. On a divisé l’amour, jusqu’à ne plus savoir si les choses étaient faites pour les Machintrucois, ou les Machintrucois faits pour les choses.
Il y a eu la révolte des choses… Et la répression des Machintrucois.

Une réflexion sur la relation avec l’objet dans nos sociétés. Oui, une réflexion poétique, philosophique, exprimée dans le langage unique et riche d’un artiste de talent et d’expérience.

C’est bien curieuse que je suis arrivée à la Maison des arts de la parole samedi pour voir le spectacle d’Alberto Garcia Sanchez, celui dont j’entendais parler depuis plusieurs années mais que je voyais pour la première fois. Je n’ai pas été déçue. Je me suis régalée de cet humour aux multiples strates, de la présence humble mais forte, de la poésie du spectacle et bien sûr, de la gestuelle élaborée et maîtrisée qui fait la réputation de ce conteur.

D’ailleurs, M. Garcia Sanchez offrait, à la Maison des arts de la parole, une formation de trois jours pour les conteurs: La parole en mouvement.

Je me suis transformée en espionne après le spectacle et j’ai questionné un peu les conteurs qui en étaient à la fin de leur deuxième journée de formation. Ils étaient unanimes: le spectacle est venu confirmer les propos abordés dans la formation, les nourrir et leur donner vie. Le geste est souvent plus évocateur que la parole, l’importance de la subtilité du geste, à quel point un tout petit changement d’axe fait le jour ou la nuit, le mouvement ne doit pas être l’illustration de ce que l’on dit.

Mais encore, ce que les conteurs en formation retiennent aussi, c’est la générosité, l’écoute, le professionnalisme et la gentillesse d’Alberto Garcia Sanchez.