par Jean-Sébastien Dubé
photo: Josée Courtemanche

Achille Grimaud est breton. Il est né en Bretagne, y a grandi, y habite. Lorsqu’il parle de la pluie d’hier et de demain, de l’origine des bistros, du Port de Moëlan, du chemin de Quimperlé, de l’Ile de Groix, on y est. Et ces histoires puisées dans les collectes d’Anatole Le Braz nous invitent au cœur de la Bretagne bretonnante: Mona qui vole la bague en or de la tombe du capitaine espagnol sur la Plage des trépassés… Ce vendeur de poulets qui fait monter une vieille dans son chariot pour découvrir qu’il emmène la Peste en personne vers le marché… Cette magnifique histoire d’amour entre le Ciel et la Terre que Dieu a pourtant interdite. Le divin Constructeur plaçant des arbres et des montagnes pour garder les amants séparés, plaçant les hommes qui creusent la Terre et la font hurler de douleur, ce qui fait pleurer le Ciel jusqu’à remplir les océans…

Achille Grimaud n’est pas breton. Pas vraiment. D’abord, ses parents sont venus d’ailleurs s’établir en Bretagne. Non, Grimaud serait plutôt humain, même pas vraiment Français… Ses contes sont de partout: les gamins de maternelle qui cachent les betteraves qu’ils ne veulent pas manger, la fille qui cherche la partie manquante de son histoire, le patron qui se plantait dans les arbres… où pendent ses employés suicidés. Et Grimaud, amoureux d’animation et des films de Frédéric Back, qui pousse l’audace jusqu’à nous recommander de voir les films de ce réalisateur, jusqu’à nous raconter une histoire amérindienne au rappel…

Et le plaisir est partagé. Après tout, ne sommes nous pas tous humains?

C’est donc que nous serions tous un peu Bretons?