Texte par Marine Pouyfaucon 

On est accueilli en grand au Centre d’Art de Richmond, dans la vaste salle au beau plancher de bois que je découvre pour la première fois. Le tabouret trône au milieu de la scène.

C’est le dernier 5 à 7 du festival, mais aussi le premier spectacle de la programmation annuelle des Contes du Réfectoire.

Donald Dubuc ouvre le bal avec une histoire rocambolesque d’une brodeuse aussi belle qu’ingénieuse qui ne s’est pas laissée marier par ses terribles prétendants. De rencontre en rencontre et de ruse en ruse, elle a fini par devenir roi et faire de son tendre mari la reine.

Mike Burns nous a transporté encore dans son Irlande natale en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…

…aux cotés d’un apprenti-médecin benêt, qui avait « dû être caché derrière la porte quand on partageait l’intelligence », sauvé par les bons soins d’un revenant veillant sur sa famille. Quelqu’un parmi vous a-t-il déjà goûté du thé de bœuf ?

… sur le chemin d’un travailleur de retour chez lui après trois années de dur labeur, avec pour seule rémunération une grosse miche de pain et trois conseils qui lui semblaient bien farfelus mais qui ont fini par lui sauver la vie.

Un micro-ouvert sous le signe du « trois » ! Trois élèves ayant reçu des ateliers de conte en classe avec Donald : Connor Kerr avec une histoire d’ogre caché sous un pont énergiquement interprétée, Anne Dubuc avec trois histoires de Nasreddine contées avec aplomb, l’oeil et le sourire tout pétillant (saviez-vous que ça pouvait porter malheur à l’auditoire d’en entendre moins que trois ?), Maëli Lessard pour une version très incarnée de Boucle d’Or et les Trois Ours. Jean-Luc Boutin nous a livré un récit de trois tranches vie sur la trace du Bonhomme Sept Heures, et Lison Nicolas nous a partagé la légende inuit de Sedna, par trois fois sacrifiée par son père avant de devenir déesse de la Mer.

On a ri, on a frémi, on a souri. Les histoires continueront à voyager…