Par Marianne Verville

Le festival Les jours sont contés en est cette année à sa 24e édition et déjà la programmation me donne envie de créer un calendrier de l’« avant » pour patienter avant le 13 octobre. Je suis loin d’être la seule : nombreuses furent les salles pleines à craquer durant les dernières années du festival. Pour d’autres personnes toutefois, ce festival reste assez méconnu. Même que j’entends ici et là des propos ridicules, des préjugés concernant le conte au Québec et l’un de ses meilleurs porte-étendard. C’est assez! Aujourd’hui, je déboulonne 5 idées reçues sur le festival Les jours sont contés et le conte en général.

1- « Je ne connais pas les conteurs, comment savoir s’ils sont bons? »

Depuis ses débuts, le festival Les jours sont contés a reçu les meilleurs conteurs de la francophonie, rien de moins, et ça continue! Lors de cette 24e édition, la crème de la crème de la nouvelle génération de conteurs en Europe, chaudement recommandée par la grande conteuse et amie du festival Myriam Pellicane, sera au cœur de la programmation du festival. C’est comme si on te donnait la chance de découvrir Piaf avant tout le monde. Ou Elvis. Ou le Cirque du Soleil. Ou Jihad Darwich, tiens!
Encore une fois cette année, des conteurs d’expérience seront aussi de la partie : Jeanne Ferron, Mike Burns, Michel Faubert et Stéphanie Bénéteau trouvent certainement leur place parmi les meilleurs de leur discipline. C’est sans parler des conteurs établis ici, qui s’illustrent partout en Estrie et même au-delà de nos frontières. J’ai dit les meilleurs de la francophonie? C’est bien cela. Je te jure que tu vas te mordre les doigts si tu manques un seul morceau de cette programmation 5 étoiles!

2- « Les conteurs sont des divas. »

Si la seule image que tu as d’un spectacle de conte, c’est un Fred Pellerin tout loin sur la grande scène d’un centre culturel, c’est que tu n’es jamais venu au festival Les jours sont contés! Les artistes y sont souvent à moins d’un mètre ou deux des spectateurs : tu peux les entendre respirer, tu peux capter leurs murmures, tu peux voir la sueur perler de leur front, tu peux avoir chaud avec eux, tu peux plonger dans leur émotion dès l’instant où ils ouvrent les bras et te parlent comme s’ils s’adressaient uniquement à toi. Même quand le spectacle affiche complet, on est une soixantaine de personnes à ressentir cette impression magique.
Mieux encore, pas besoin d’avoir une passe VIP pour pouvoir les rencontrer avant ou après le spectacle. Les conteurs aiment le contact humain, le public et ça transparaît. J’ai beau chercher vraiment fort, je ne connais pas un seul artiste du conte qui ait la grosse tête. Pas pour rien que les soirées se finissent souvent autour d’un verre ou d’un café avec les artistes, les bénévoles du festival et des spectateurs passionnés!

3- « C’est trop loin! »

Au festival Les jours sont contés, ce prétexte ne tient pas la route puisque plusieurs spectacles se déplacent justement un peu partout en Estrie. Le Centre culturel Yvonne L. Bombardier à Valcourt, le Centre d’art de Richmond, le Pavillon des arts de Coaticook et le Centre culturel Pierre-Gobeil dans l’arrondissement Rock Forest comptent parmi les lieux investis en dehors du centre-ville de Sherbrooke. Voilà d’excellentes occasions de découvrir les Cantons-de-l’Est sous son angle culturel, tout en profitant des paysages sur la route.
De plus, la Maison des arts de la parole, où se déroule plusieurs spectacles, est située sur la rue Wellington Nord, épicentre artistique — et routier — de Sherbrooke. D’ailleurs, pour les gens de Montréal qui nous lisent, l’autobus interurbain dépose ses passagers à quelques minutes à pied de la Maison des arts de la parole, donc plus d’excuses! Qu’on soit de « #Sherbylove » ou des alentours, les contes valent de toute façon toujours un petit détour.

4-« I don’t speak French. »

Le festival Les jours sont contés is never gonna give you up, never gonna let you down comme dirait un certain chanteur des années 80. En effet, Dan Yashinsky et Mariella Bertelli offriront chacun un spectacle dans la langue de Shakespeare, à la Maison des arts de la parole.
Chaque année, le festival se fait un point d’honneur d’inclure dans sa programmation des conteurs du Canada anglais qu’on connaît trop peu hors des communautés anglophones. Que ce soit pour découvrir la culture, pour pratiquer son anglais, pour écouter des storytellers renommés, for feeling like home, toutes les raisons sont bonnes pour assister à ces spectacles uniques en région!

5-« Le conte, c’est juste pour les enfants. »

Le conte, juste pour les enfants? Je me souviens pourtant très bien de certains spectacles où on aurait pu sans gêne boucher les oreilles des plus petits! Pas de panique, ce n’est pas non plus toujours aussi subversif. Il y a autant de styles qu’il y a de conteurs, il y a même plus de contes qu’il n’y a d’oreilles pour les entendre. Le conte a traversé les siècles et les frontières, le conte a parlé toutes les langues, tous les dialectes. Après tout, on a tous le désir, parfois caché parfois bien assumé, de se faire raconter des histoires. Ça doit être que le conte, ça fait partie de nos gènes.

Au festival Les jours sont contés, il y aura donc des spectacles pour les jeunes, pour les vieux et pour tous ceux entre les deux. Adepte ou néophyte, chacun trouvera écho à son humanité dans ces rencontres uniques entre les conteurs et leur public. Voyages, exils, épopées anciennes, musiques, traditions, gourmandises, corps, forces, peines et enchantements : on découvrira dans toutes ces paroles des territoires insoupçonnés, et peut-être même le désir de raconter à son tour. C’est là toute la magie du festival Les jours sont contés. Ça serait bête de ne laisser ce plaisir qu’aux enfants, non?

Pour tout connaître de la programmation de cette fabuleuse 24e édition du festival Les jours sont contés, eh bien, on est presque au bon endroit. Suffit de cliquer en haut dans le menu sur « programmation », « festivals » puis sur le logo du festival Les jours sont contés et ça y est, tu tomberas toi aussi en amour avec tous ces spectacles à venir. On compte les dodos ensemble?